Sommaire
- Ce qui change depuis août 2026
- Où trouver les attentes dans le DCE
- L'erreur classique à éviter
- Comment répondre efficacement
- 20 actions à valoriser
- Engagements par secteur d'activité
- Faut-il chiffrer ses engagements ?
- Quelles preuves fournir ?
- Structurer la partie environnementale
- Les 5 erreurs à éviter
- Gagner ou perdre un marché
- Ce qu'il faut retenir
- Questions fréquentes
Depuis août 2026, la prise en compte de l'environnement franchit une nouvelle étape dans les marchés publics. Pour les entreprises qui répondent aux appels d'offres, la conséquence est très concrète : il ne suffit plus d'ajouter quelques lignes génériques sur le développement durable dans son mémoire technique.
Réduction des déchets, déplacements, consommation d'énergie, choix des produits et matériaux, réemploi, emballages, durée de vie des équipements… Les entreprises doivent être capables de présenter des engagements environnementaux concrets, adaptés au marché et vérifiables. Et cela peut désormais avoir un impact direct sur la note obtenue.
Voyons ce qui change et, surtout, comment répondre efficacement au critère environnemental d'un marché public.
Ce qui change dans les marchés publics depuis août 2026
La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a prévu un renforcement progressif de la prise en compte du développement durable dans la commande publique. Depuis août 2026, cette évolution devient particulièrement importante.
Les marchés concernés doivent notamment intégrer :
- une prise en compte de l'environnement dans les critères d'attribution ;
- des conditions d'exécution prenant en compte des considérations environnementales.
Autrement dit, l'environnement intervient désormais à la fois dans la sélection de l'offre et dans l'exécution du marché. Pour une entreprise candidate, il ne s'agit donc plus uniquement de présenter sa politique RSE : il faut démontrer comment l'offre proposée pour ce marché répond précisément aux attentes environnementales de l'acheteur.
Où trouver les attentes environnementales dans le DCE ?
Avant de rédiger quoi que ce soit, commencez par analyser le dossier de consultation des entreprises (DCE). Les exigences environnementales peuvent apparaître à plusieurs endroits.
Le règlement de consultation
Le règlement de consultation (RC) permet d'identifier les critères et sous-critères de notation des offres. Vous pouvez par exemple retrouver une pondération de ce type :
- Prix : 40 %
- Valeur technique : 45 %
- Performance environnementale : 15 %
Dans cette situation, 15 % de votre note dépend directement de votre réponse au critère environnemental. Ce n'est pas une partie accessoire du dossier.
Le CCTP
Le cahier des clauses techniques particulières peut contenir des exigences très concrètes concernant :
- les produits utilisés ;
- les matériaux ;
- les véhicules ;
- la consommation énergétique ;
- la gestion des déchets ;
- les emballages ;
- les nuisances ;
- les modalités de livraison ;
- le recyclage ou le réemploi.
Ces exigences doivent être identifiées avant la rédaction du mémoire technique.
Le CCAP
Certaines obligations environnementales peuvent également devenir de véritables engagements contractuels. Il faut donc distinguer ce qui permet d'obtenir des points lors de l'analyse de l'offre et ce que l'entreprise devra réellement respecter pendant l'exécution du marché.
C'est une distinction essentielle : un engagement séduisant dans un mémoire technique peut devenir problématique s'il est impossible à respecter ensuite.
L'erreur classique : présenter la politique environnementale générale de l'entreprise
Beaucoup de mémoires techniques comportent encore des paragraphes ressemblant à ceci :
Exemple à éviter : « Notre entreprise est engagée dans une démarche de développement durable et met tout en œuvre pour limiter son impact environnemental. »
Le problème ? Cette phrase ne démontre quasiment rien. L'acheteur doit pouvoir apprécier les caractéristiques environnementales de l'offre proposée pour son marché. Votre objectif n'est donc pas d'expliquer que votre entreprise est écologique : vous devez montrer ce que vous allez concrètement faire dans le cadre de ce marché. C'est aussi l'une des raisons fréquentes de perdre un appel d'offres.
Comment répondre efficacement à un critère environnemental ?
Une bonne réponse peut généralement suivre une logique simple :
Action → Objectif → Moyen → Indicateur → Preuve
Réponse trop vague
Exemple à éviter : « Nous limitons les déplacements afin de réduire notre empreinte carbone. »
Réponse beaucoup plus exploitable
Exemple recommandé : « Les interventions seront regroupées géographiquement lors de la planification hebdomadaire afin de limiter les kilomètres parcourus. Le responsable d'exploitation suivra mensuellement le kilométrage réalisé dans le cadre du marché. »
La deuxième formulation permet à l'acheteur de comprendre :
- ce que vous faites ;
- comment vous le faites ;
- qui en est responsable ;
- comment vous pouvez le mesurer.
C'est cette logique qu'il faut rechercher.
20 actions environnementales que vous pouvez valoriser dans un marché public
Il n'existe évidemment pas de liste universelle : les engagements doivent être adaptés à votre activité et au marché concerné. Voici néanmoins des pistes.
1.Optimiser les déplacements
Regrouper les interventions, optimiser les tournées ou privilégier les collaborateurs situés à proximité des sites.
2.Suivre les kilomètres parcourus
Mettre en place un indicateur mensuel ou trimestriel.
3.Utiliser des véhicules moins polluants
Lorsque cela est réellement applicable au marché.
4.Former les salariés à l'écoconduite
Particulièrement pertinent pour les activités nécessitant de nombreux déplacements.
5.Réduire les emballages
Limiter les emballages individuels ou privilégier les conditionnements permettant de réduire les déchets.
6.Utiliser des emballages recyclables ou réutilisables
Et être capable d'en justifier les caractéristiques.
7.Organiser le tri des déchets
Définir les différents flux et leur mode de traitement.
8.Assurer la traçabilité des déchets
Particulièrement pertinent pour certaines prestations de travaux ou de maintenance.
9.Favoriser le réemploi
Réutiliser certains matériaux ou équipements lorsque cela est techniquement possible.
10.Utiliser des produits écolabellisés
Par exemple dans les prestations de nettoyage.
11.Réduire le dosage des produits
Les systèmes de dosage permettent de diminuer la consommation de produits et d'éviter le surdosage.
12.Limiter la consommation d'eau
En adaptant les méthodes de travail ou le matériel utilisé.
13.Réduire la consommation énergétique
Par le choix des équipements ou l'organisation des prestations.
14.Choisir des équipements réparables
La durée de vie et la réparabilité sont des éléments intéressants pour certains marchés de fournitures.
15.Privilégier certains approvisionnements
Lorsque leur origine ou leur mode d'acheminement présente un véritable intérêt environnemental lié au marché.
16.Dématérialiser les documents
Comptes rendus, bons d'intervention, rapports ou échanges, lorsque cela est pertinent.
17.Sensibiliser les équipes
Prévoir une sensibilisation spécifique des collaborateurs intervenant sur le marché.
18.Désigner un responsable environnement
Il suit les engagements pris dans l'offre et les indicateurs associés.
19.Mettre en place des indicateurs environnementaux
Kilomètres parcourus, déchets valorisés, consommation de produits et d'eau, part de produits écolabellisés, matériaux réemployés.
20.Fournir un bilan environnemental du marché
Un reporting trimestriel ou annuel permet à l'acheteur de suivre les engagements annoncés.
Quels engagements environnementaux selon votre secteur d'activité ?
La réponse doit toujours être personnalisée.
Entreprise de nettoyage
- Produits écolabellisés
- Systèmes de dosage
- Réduction de la consommation d'eau
- Microfibres réutilisables
- Gestion des emballages
- Tri des déchets
- Formation des agents
Entreprise du BTP
- Tri des déchets de chantier
- Traçabilité des déchets
- Réemploi des matériaux
- Réduction des nuisances
- Organisation des livraisons
- Déplacements
- Consommation des engins
- Choix des matériaux
Entreprise de transport
- Âge et caractéristiques de la flotte
- Motorisations
- Écoconduite
- Optimisation des itinéraires
- Suivi de la consommation
- Entretien des véhicules
Entreprise de fournitures
- Emballages
- Matériaux recyclés
- Réparabilité
- Durée de vie
- Modalités de livraison
- Reprise des équipements
- Recyclage
Prestataire de services
- Organisation des déplacements
- Visioconférence
- Dématérialisation
- Choix du matériel informatique
- Durée de vie des équipements
- Gestion des déchets électroniques
Faut-il chiffrer ses engagements environnementaux ?
Lorsque c'est possible et pertinent, oui. Comparez :
Exemple à éviter : « Nous utilisons principalement des produits respectueux de l'environnement. »
Exemple recommandé : « 80 % des références utilisées pour l'exécution du marché disposent d'un écolabel répondant aux caractéristiques demandées par le marché. »
La deuxième proposition est beaucoup plus facile à apprécier. Mais attention au piège inverse : ne promettez jamais un chiffre uniquement pour obtenir une meilleure note. Une fois le marché remporté, certains engagements de votre offre peuvent vous engager contractuellement.
Chaque chiffre annoncé doit donc être :
- réaliste ;
- vérifiable ;
- compatible avec votre organisation ;
- réellement applicable au marché.
Quelles preuves fournir ?
Une affirmation devient beaucoup plus crédible lorsqu'elle est accompagnée d'un élément permettant de la vérifier. Selon les situations, vous pouvez joindre ou citer :
- certifications ;
- écolabels ;
- fiches techniques ;
- procédures internes ;
- attestations ;
- tableaux de suivi ;
- caractéristiques des véhicules ;
- justificatifs de formation ;
- bordereaux de suivi des déchets ;
- exemples de reporting ;
- fiches produits.
Évitez toutefois d'accumuler les annexes sans explication : une preuve doit venir confirmer un engagement clairement présenté dans le mémoire technique, aux côtés des pièces administratives attendues.
Comment structurer la partie environnementale de son mémoire technique ?
Une structure simple peut être utilisée, dans la continuité du plan de mémoire technique :
- 1Les enjeux environnementaux du marchéMontrez que vous avez identifié les impacts spécifiques de la prestation.
- 2Les engagements proposésPrésentez les actions réellement mises en œuvre.
- 3Les moyens mobilisésExpliquez les équipements, procédures, personnes ou outils permettant de tenir ces engagements.
- 4Les indicateurs de suiviPrécisez comment vous allez mesurer les résultats.
- 5Les preuvesAssociez les justificatifs nécessaires.
Vous pouvez notamment présenter vos engagements sous forme de tableau :
Réduire les déplacements
- Action prévue :
- Regroupement géographique des interventions
- Indicateur :
- Km parcourus
- Fréquence de suivi :
- Mensuelle
- Preuve :
- Tableau de suivi
Réduire les déchets
- Action prévue :
- Tri des flux
- Indicateur :
- % de déchets valorisés
- Fréquence de suivi :
- Trimestrielle
- Preuve :
- Bordereaux
Réduire les produits chimiques
- Action prévue :
- Produits écolabellisés
- Indicateur :
- % de produits concernés
- Fréquence de suivi :
- Trimestrielle
- Preuve :
- Fiches produits
Ce type de présentation facilite considérablement la lecture de votre offre.
Votre mémoire technique répond-il vraiment aux attentes de l'acheteur ?
Avant de rédiger, commencez par analyser précisément le règlement de consultation, les critères de notation et les exigences du DCE.
Analyser un DCELes 5 erreurs à éviter
- Copier-coller la même politique RSE dans tous les mémoiresChaque réponse doit correspondre au marché.
- Faire des promesses impossibles à mesurer« Réduire fortement notre impact environnemental » n'est pas un indicateur.
- Inventer des engagements pour obtenir des pointsVous devrez ensuite être capable de les respecter.
- Ne pas lire les exigences du DCEVotre démarche environnementale habituelle peut être intéressante mais ne pas répondre au critère réellement évalué.
- Traiter le critère environnemental à la fin de la réponseSi ce critère représente 10 ou 15 % de la note, il mérite la même rigueur que les autres parties de l'offre.
Le critère environnemental peut-il faire gagner ou perdre un marché ?
Oui. Un marché public n'est pas remporté uniquement grâce au prix. Lorsque plusieurs entreprises présentent des prix proches, quelques points supplémentaires obtenus sur la valeur technique ou environnementale peuvent modifier le classement final.
Il faut donc arrêter de considérer cette partie comme un paragraphe obligatoire à ajouter à la fin du mémoire technique. Le critère environnemental est désormais un élément à part entière de votre stratégie de réponse — au même titre que votre décision de répondre ou non (Go / No Go). Nos cas clients montrent l'effet de ces quelques points sur le classement final.
Ce qu'il faut retenir
Depuis août 2026, la place de l'environnement dans les marchés publics est encore renforcée. Pour les entreprises candidates, quatre principes doivent guider la réponse :
- Lire précisément les attentes du DCE.
- Proposer des actions adaptées au marché plutôt qu'une politique RSE générique.
- Privilégier des engagements concrets, mesurables et vérifiables.
- Ne promettre que ce que l'entreprise sera réellement capable d'exécuter.
La meilleure réponse n'est donc pas nécessairement celle de l'entreprise ayant la politique environnementale la plus impressionnante. C'est celle qui démontre le plus clairement comment ses engagements répondent aux exigences et aux attentes de l'acheteur pour le marché concerné. Pour progresser sur ce point, la formation au mémoire technique et le guide ACONIA sont deux bons points de départ.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le critère environnemental dans un marché public ?
C'est un critère d'attribution qui permet à l'acheteur public de noter les caractéristiques environnementales de l'offre proposée : actions prévues, moyens mobilisés, indicateurs de suivi et preuves associées. Il représente fréquemment 10 à 15 % de la note.
Qu'est-ce qui change depuis août 2026 dans les marchés publics ?
En application de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, les marchés concernés doivent intégrer une prise en compte de l'environnement dans les critères d'attribution ainsi que des conditions d'exécution environnementales. L'environnement intervient donc à la fois dans la sélection de l'offre et dans l'exécution du marché.
Faut-il chiffrer ses engagements environnementaux dans le mémoire technique ?
Oui lorsque c'est possible et pertinent : un pourcentage de produits écolabellisés est plus facile à apprécier qu'une formule générale. Mais chaque chiffre annoncé doit être réaliste, vérifiable et réellement applicable au marché, car il peut vous engager contractuellement.
Le critère environnemental peut-il faire gagner ou perdre un marché public ?
Oui. Lorsque plusieurs entreprises présentent des prix proches, quelques points gagnés ou perdus sur la performance environnementale suffisent à modifier le classement final.
Vous répondez régulièrement aux marchés publics ?
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